Disparition de notre Ami Jean-Paul Reynaud

En 2006 devant le Mustang du Musée. C’est un avion qui fut sa monture

Le terrible virus qui plonge le Monde dans une certaine angoisse en ce début 2020, peut paraître loin pour beaucoup d’entre-nous. Mais il devient visible lorsqu’il touche une personne proche. C’est hélas le cas pour notre association qui a perdu un fidèle et important membre : Jean-Paul Reynaud.

Il fut notre secrétaire général, guide et rédacteur pour notre revue Pégase. Bel engagement pendant plus de 30 ans.

2014 Saint-Yan, janvier 1951

Saint-Yan, janvier 1951. Eléve pilote en tenue de vol (J-P Reynaud)

2014 Les Silver Wings sur un uniforme bleu marine

Les Silver Wings sur un uniforme bleu marine, le rêve s’est réalisé (J-P Reynaud).

 

Il est de la génération de ceux qui ont débuté leur carrière sur avions à pistons, très prisés dans les meetings de nos jours, pour finir sur appareils supersoniques.

 

Entré dans l’armée de l’Air en 1951, il s’éleva dans les cieux sur Stampe. La même année, il alla au Etats-Unis continuer sa formation sur T6 puis sur P51. Versé dans la chasse, il rejoignit l’école de chasse à Cazaux puis à Tours. Il vola sur T33 ; Vampire ; Mistral ; Mystère II et IV ; SMB2 sans oublier sur Skyraider et T6 en Algérie.

 

 

 

2014 T-6

A la découverte du T-6 (J-P Reynaud)

2014 Jojo, alias Ramel_mascotte

Algérie 1957. Jojo, alias Ramel, mascotte de la 6/72 (J-P Reynaud)

 

 

En 1982 après 5000h de vol, il quitta l’uniforme, mais resta près des avions car il devint directeur adjoint au Musée de l’Air, aux côtés du directeur ; le général Lissarrague. Il ne cessa pas non plus de voler, devenant instructeur en aéro-club à Etampes puis à Lognes accumulant 6000h de vol.

Jean-Paul Reynaud à la réunion des guides 2014

Remerciement du président de l’AAMA à Jean-Paul Reynaud

 

Il adhéra à l’AAMA en 1985 et dès qu’il quitta ses fonctions au Musée en 1988 il mit la casquette de guide de l’AAMA pour ne la lâcher qu’en 2014. En guise d’au revoir, ses camarades guides lui dédicacèrent un livre à leur réunion de 2014. Un an plus tard, il fut l’invité d’honneur de la réunion des guides, où il fut remercié pour son implication au sein de notre association.

 

 

En parallèle, en 1997, Jean-Paul Reynaud entra au Conseil d’administration de l’AAMA et devint secrétaire général jusqu’en 2004, puis il laissa la place ; à un plus jeune disait-il, tout en restant secrétaire adjoint. En 2014, il ne souhaita pas renouveler son mandat. Après l’assemblée générale, il fut tout de même invité au Conseil d’administration qui suivit, pour apprendre qu’à l’unanimité, il était nommé membre d’honneur. Distinction rare délivrée aux membres les plus méritants. Il en fut très touché.

Pour notre revue Pégase, il écrivit de nombreux articles de 2004 à 2015, en particulier dans la rubrique qu’il nomma J’ai visité le Musée de l’Air. Dans ses écrits transparaît son humour, qui régalait ceux à qui il racontait de savoureuses histoires aériennes vécues. Il y manque juste son accent méridional si plaisant.

L’écouter inspirait le respect de l’expérience et le bonheur des révélations.

Comme il le disait souvent : Adieu, camarade !

 

Quelques témoignages de nos Amis.

Alain Rolland (président de l’AAMA et guide)

Jean-Paul était pour nous tous une référence comme guide et rédacteur de nombreux articles pour Pégase.

Il était surtout pour moi un de ces rares hommes avec qui le contact est immédiat, franc, chaleureux. Au fil des discussions avec lui, j’ai pu apprécier ses grandes connaissances, sa modestie, son humour.

Son accent et ses yeux malicieux vont me manquer.

Adieu l’aviateur !

 

Frédéric Buczko (vice-président AAMA)

Que de souvenirs de ces histoires qu’il nous racontait avec un humour inégalable. Celle qui me revient à l’esprit et qu’il rappela souvent ; c’est l’accueil, dont il avait la charge en tant que directeur adjoint, de la délégation soviétique qui venait vérifier si le Musée de l’Air utilisait correctement les pièces en prêts dans le hall de l’Espace. Ça durait plus de jours que nécessaire et la délégation n’était pas insensible à la vie parisienne ! A rire aux larmes.

Il avait aussi, ce qu’on nomme : le bon sens. Il l’utilisa souvent lors des Conseils d’administration de l’AAMA et j’ai appris beaucoup en le côtoyant.

 

Pierre Brémard (rédacteur en chef de Pégase et coordinateur des guides AAMA)

Je ne l’ai connu que tardivement, mais j’avais beaucoup estimé sa personnalité, et en tant que grand contributeur de Pégase, comment ne pas se souvenir de ses nombreux articles dans :

J’ai visité le Musée de l’Air et de l’Espace.

 

Jacques Julien (rédacteur adjoint Pégase et guide)

Jeune guide, j’étais très impressionné par ce Monsieur qui m’en imposait, par sa prestance et son passé d’aviateur.

On s’est doucement apprivoisé et j’ai découvert son immense culture et son humour redoutable.

Quand je le croisais à la documentation du Musée, à la recherche de photos pour ses articles (un modèle du genre) c’était toujours un grand moment !

Bon vol !

 

Jean-François Anière (ancien guide AAMA et ancien président du Mémorial Normandie-Niemen)

Cette nouvelle me fait aussi énormément de peine.
J’aimais cet homme.
Je ne sais pourquoi, mais je me sentais bien en sa compagnie. Peut-être parce qu’il avait été pilote de chasse, ce que je n’étais pas.
Je l’écoutais parler, et je ne la ramenais pas.
Il parlait de ce qu’il connaissait, et il en savait des choses. Avec Pierre Dennez (NDLR : ancien guide AAMA disparu) et avec lui, j’avais fait mes premiers pas en qualité de guide AAMA.
Je me souviens aussi, qu’il avait souhaité qu’avec Yves Donjon, historien du Mémorial Normandie-Niemen, nous (plus Yves que moi), réalisions son projet d’article sur le Yak 3.

 

François Rivet (guide AAMA)

Bien triste nouvelle en effet, je l’ai connu comme guide et comme bénévole au salon, il est venu nous aider jusqu’à un âge avancé, nous étions tous admiratifs de sa résistance, quand on sait que les journées au salon sont loin d’être de tout repos.

On aimait écouter ses nombreuses anecdotes avec son accent si pittoresque.

J’ai toujours eu une profonde estime pour le colonel Reynaud, qui a toujours été très dévoué pour notre association.

Récemment, je lui avais envoyé quelques photos de la Grande Galerie, car il n’avait pas encore eu le temps de venir au Musée depuis la fin des travaux et il se faisait déjà une joie de venir à l’assemblée générale de l’AAMA, prévue à l’origine le 28 mars 2020.

C’était sans compter sur cette funeste épidémie.

Adieu l’Ami !

 

Jacques Calcine (guide AAMA et rédacteur Pégase)

Bon ! La visite continue, il y a encore beaucoup de choses à voir, dans ce Musée.

Combien de fois n’a t-on pas lu cette phrase, clôturant ses articles d’une redoutable richesse ? Et combien de fois n’a t-on pas été scotché à l’écoute de ses visites ?

Je vous invite à relire le Pégase n° 138 (septembre 2010) sur le T6, où Gé Pi Ouénaude (prononciation locale de son nom !) décrit sa formation de pilote aux USA. Il faut dire qu’avoir fait du P51, ça mérite le respect.

Adieu mon colonel !

 

Sur notre site, vous pouvez lire quelques-uns de ses articles : le DH9 ; le Fokker DVII ; le Simoun ; le Potez 53 ; le Potez 25 ; le Bébé Nieuport ; le Spitfire ; le Dewoitine 520. Il y en a d’autres qui concernent des avions sur lesquels il a volé, nous dévoilant de nombreuses anecdotes de sa carrière de pilote : le Stampe ; le T6 ; le Super-Mystère B2.

Vous pouvez également lire son témoignage de guide de l’AAMA (le 4e).

L’AAMA reconnaissante.

Retour vers les actualités de l’AAMA et du Musée.

A gauche, Jean-Paul Reynaud puis le général Le Bourdonnec (président AAMA) et François Rivet au repas de la réunion des guides en 2007

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