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Renaissance de la Grande Galerie du Musée de l’Air

 

La tension est montée crescendo depuis le mois de novembre pour le grand évènement marquant la fin du centenaire du Musée de l’Air : la réouverture de la Grande Galerie.

Cinq années de travaux ont changé radicalement la physionomie de l’aérogare.

 

 

 

Après la visite en avant-première pour nos donateurs le 29 novembre, puis celle pour les Avgeeks (communauté de fanas sur Twitter), il y eu celle pour la presse le 3 décembre. Pierre Brémard, en tant que rédacteur en chef de notre revue Pégase, était présent en compagnie d’autres médias.

Reçus par Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, les journalistes ont profité des explications apportées par la Conservation venue en force, avec sa directrice Marie-Laure Griffaton, Clémence Raynaud et Laurent Rabier.

 

Vint l’évènement tant attendu : l’inauguration officielle, le 9 décembre.

 

Le général Lecointre et Mrs Lapouze, Capo-Canellas, Troussel, Veyssière, Hoppe

La ministre Florence Parly

 

Sous le haut patronage du président de la République, la ministre des Armées Florence Parly, accompagnée de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de son ministère, et de la directrice Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, a salué les officiels.

 

 

 

Etaient présents : le sous-préfet Patrick Lapouze ; le sénateur Vincent Capo-Canellas ; le Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel ; le maire du Bourget Yannick Hoppe ; le maire de Dugny André Veyssière ; le chef d’Etat-major des Armées le général Lecointre et le chef d’Etat-major de l’armée de l’Air le général Lavigne.

 

Le général Abrial

 

Après ces mondanités protocolaires, le président du Conseil d’Administration du Musée de l’Air, le général Abrial a ouvert la période des discours. Rappelant l’architecte de l’aérogare, Georges Labro, qui voulait ouvrir sur le ciel et le rêve, il souligne que ce jour marque un temps fort d’un chantier hors norme, qui nous aura mobilisé sur de longues années et que le Musée est le seul au monde à couvrir l’ensemble de l’histoire de la troisième dimension. Il rappelle qu’il faut continuer la rénovation pour être au rendez-vous de l’arrivée du métro en 2024 et termine en remerciant la générosité de la DPMA (Direction des Patrimoine de la Mémoire et des Archives), du GIFAS, d’ADP, de la DGAC, de l’armée de l’Air et, ce qui nous a ravis, l’AAMA.

 

 

La directrice Anne-Catherine Robert-Hauglustaine

Après les applaudissements, il cède la place à Anne-Catherine Robert-Hauglustaine. Affirmant que l’aérogare historique est un formidable écrin exceptionnel pour des collections uniques couvrant deux siècles d’inventions, d’actes héroïques et d’exploits légendaires, elle indique que rythmée par les avions de légende et les dirigeables, la visite permet la découverte des tableaux, des affiches d’époque et de pièces d’art totalement inédits sortis des collections du musée. Les objets, très nombreux, tout au long du parcours renforcent la vision de ces périodes primordiales de l’histoire aéronautique.

Elle précise avec justesse que le principal défi dans ce grand projet était la cohabitation d’un chantier de restauration du bâtiment classé monument historique avec un vaste chantier des collections. Cette réussite n’aurait pas été possible sans des équipes techniques du musée totalement dévouées. Elle termine en les citant et les remerciant tous. La directrice insiste bien que ce jour n’est que la première étape d’un grand projet pour les années à venir, qui fera du Musée de l’Air une destination prisée par le public. Elle fut évidemment chaleureusement applaudie.

 

La ministre Florence Parly

 

La ministre Florence Parly, la remplace au micro. Elle débute en parlant d’émotion Celle, d’arpenter cette Grande Galerie. La ministre a continué et cité moult noms de pionniers.

Nadar pour les ballons qui fascinaient les Français et les Parisiens par ces ombres immenses qui s’élevaient dans le ciel ; Louis Blériot un homme fasciné par le ciel et constructeur de l’aéroplane Blériot XI, de la traversée de la Manche ; Adrienne Bolland la réalisation d’un rêve, celui de devenir pilote malgré le scandale et la désapprobation de la société. Celui aussi de devenir la première femme au monde à traverser par avion les monts de la Cordillère des Andes.

La ministre enchaîne sur la Grande Guerre en parlant de Georges Guynemer avec beaucoup d’émotion les aviateurs apercevront l’inscription Vieux Charles, sur un morceau de toile, nom de baptême des avions du capitaine Guynemer.

Elle résume par Cette galerie, c’est enfin l’histoire d’un rêve. D’un rêve universel…, qui traverse les âges du mythe d’Icare à nos voyages dans l’espace, des dessins de Léonard de Vinci aux derniers calculs d’Ariane 6… ce sont aussi les exploits de la France… Faites rêver les plus jeunes… Etonnez les moins jeunes… ce musée est autant tourné vers le passé que vers le présent et l’avenir. La ministre poursuit en se tournant vers le futur L’ouverture de cette galerie au public, tant attendue depuis des années, ce n’est pas un aboutissement, mais c’est un commencement. C’est une page qui se tourne pour en écrire une nouvelle et précise qu’il faut relever les défis de l’attractivité et de la renommée. Elle clôture par Continuons de faire connaître la place de la France dans la conquête de l’air. Là aussi les applaudissements étaient nourris.

 

La cérémonie n’était pas terminée, car Florence Parly et Geneviève Darrieussecq ont en commun dévoilé la plaque de marbre commémorative de cette inauguration, qui sera ensuite posée sur le bâtiment. En bonne synchronisation, l’orchestre militaire s’est mis à jouer dans cette salle des huit colonnes apportant une ambiance particulière.

 

Dans une saine décontraction, les conversations se sont enchaînées et les invités se sont dirigés vers l’excellent cocktail où même des petits fours et macarons arboraient le logo des 100 ans du Musée de l’Air. Ils pouvaient déambuler dans cette magnifique galerie avec, en cette soirée, une luminosité très douce.

 

Les membres du Bureau et quelques Amis

 

Les membres du Bureau de notre association étaient parmi eux rencontrant quelques autres Amis.

Ils ont pu apprécier l’hélice type Roland Garros, financée par l’AAMA. Toute assemblée, elle est imposante avec son énorme casserole. Ils ont également découvert l’aile du SPAD VII, qui porte les stigmates de la guerre depuis plus de 100 ans, et dont notre association a déboursé une partie de son mécénat pour la vitrine. Quelques maquettes tactiles de découverte dont notre association a apporté sa donation.

 

 

 

Évidemment ils ont particulièrement apprécié la nacelle du La France, qui nous à tant mobilisée. Elle occupe bien entendu une place de choix, avec son impressionnante hélice. A ses pieds, quelques instruments visibles pour le public, le moteur, le tableau de bord et surtout une des piles parfaitement restaurée grâce à notre mécénat.  Cette structure de 34 m de long ne passe pas inaperçue !

 

 

En partant chacun recevait le sublime catalogue de l’exposition des éditions Beaux Arts, où sur la couverture apparait notre logo à côté de celui de la DPMA et du Musée de l’Air. Rétribution pour notre apport financier à son édition.

 

 

 

 

 

Dernière étape, certainement la plus importante, l’ouverture au grand public.

 

Programmée le week-end des 14 & 15 décembre, les équipes du Musée avaient prévu de nombreuses animations. Des conférences, un documentaire sur l’aéroport du Bourget, visite de la galerie au rythme d’une bande-son électro swing avec des écouteurs, un atelier pour enfant de construction en bois, jouer et photographier des scènes aéronautiques avec des personnages Légo et jeux de piste.

Plusieurs visites étaient effectuées par Laëtitia Miraton, responsable Pôle Actions pédagogiques et Culturelles et Rosène Declement, responsable du Département des aéronefs et des collections techniques, qui exprimait bien les difficultés rencontrées.

Citons ; l’accrochage du lourd tableau représentant le dirigeable Le Géant de Nadar, qui nécessita dix personnes ; le travail très précis sur la nacelle du Dupuy-De-Lôme pour contrecarrer l’attaque d’insectes sur l’osier ou le positionnement de la nacelle du La France avec trois monte-charges synchronisés. Rappelons qu’environ soixante restaurateurs, dans plusieurs domaines, ont travaillé depuis plusieurs mois sur les pièces présentées.

 

L’immense salle des huit colonnes

Affichette nommant l’AAMA

Les visiteurs empruntaient pour la première fois l’entrée par le centre de l’aérogare pour pénétrer dans la salle des huit colonnes, où se trouve la banque d’accueil, non utilisée lors de ces deux jours. Nous avons remarqué que dans les couloirs d’entrée extérieur, de petits panneaux apportaient quelques informations sur le Musée et l’un deux était consacré à notre association. Nous remercions le Musée de l’Air pour cette attention.

Las, la grève des transports a dissuadé certainement beaucoup de monde pour cette renaissance. Il y eu tout de même 1650 personnes qui sont venus au Bourget.

 

 

 

La Grande Galerie.

 

Pour ceux qui ont vécu la première inauguration en 1987, la différence est criante. Il y a trente ans le choix de séparer des ensembles d’avions par des grandes bâches de vélum bleues, permettaient de les découvrir progressivement. Le plafond était lui aussi recouvert de vélum. L’ensemble était adaptée à son époque, pourtant pas si lointaine. Au fil du temps, des changements plus ou moins importants ont eu lieu. Modification de la salle consacrée aux ballons, création d’une salle moteurs, qui laissera la place à Planète Pilote, une salle des maquettes complètement remaniée il y a une dizaine d’années. Et surtout, un changement complet de la scénographie de la partie de la Première Guerre mondiale, sans déplacement d’appareils.

Juin 2013. Inauguration salle des huit colonnes. Jean-Yves Le Drian et Catherine Maunoury

 

Depuis la fin des années 90, le Musée prévoyait que l’entrée se fasse par la grande salle des huit colonnes. Il était évident que les collections des Pionniers et de la Première Guerre mondiale devaient être alors inversées. La tâche devenait beaucoup plus complexe.

 

La première phase débutât en 2013, avec la rénovation de la salle des huit colonnes et à partir de 2016 l’aérogare entama sa restauration. Le résultat est là !

 

 

 

La nouvelle scénographie est une grande réussite, l’architecture d’origine du bâtiment retrouvée apporte une belle clarté. Au centre, dans la majestueuse salle des huit colonnes, la banque d’accueil qui profite d’un immense espace de réception pour les visiteurs, qui pourront accéder directement sur le tarmac.

Les avions placés sur pylônes sont bien mis en évidence et la vision de la totalité des deux ailes, avec leurs plafonds bombés, est sublime sans l’impression que les appareils soient écrasés.

Les deux espaces sont délibérément dans deux tonalités différentes. La partie Pionniers dans une blancheur, presque virginale, rappelant la conquête inconnue de la troisième dimension et l’entoilage des avions. Les socles sont soulignés de jaune avec une lumière marquant parfaitement les différents îlots. La partie Grande Guerre est naturellement plus sombre. Des panneaux gris et noirs accentuent le camouflage des avions et la dureté de la guerre.

Les Pionniers

La Grande Guerre

L’impression est très bonne, ne serait-ce que la propreté étincelante de ces collections et des vitrines.

La nacelle du Dupuy-De-Lôme sous le REP type D

 

 

Parmi les nouveautés par rapport à l’ancienne galerie, nous pouvons citer : la nacelle du dirigeable Dupuy-De-Lôme de 1872, mu à la force musculaire de huit marins souquant ferme et évidemment celle du La France de 1884.

 

 

 

 

Si quelques appareils ne sont pas revenus ; on pense au SPAD VII de Guynemer trop fragile, au Caudron G3 ou au De Havilland DH9, il y a tout de même deux REP, le type D et le type K, invisibles depuis de nombreuses années, qui ont pris leur place. Moins imposants mais historiques, des modèles expérimentaux ; l’hélicoptère de Ponton d’Amécourt (1863) ; un autre, avec un moteur élastique d’Alphonse Pénaud (1870) ; le Décaplan de Charles Renard (1873) ; l’appareil à air comprimé de Victor Tatin (1879). Installés auparavant dans la salle des maquettes, ils passaient inaperçus, maintenant ils retrouvent une place légitime.

 

Rajoutons un curieux caisson de pressurisation de Paul Bert (1870) ; un fuselage réformé de SPAD XIII ; l’aile du SPAD VII ; des grandes affiches aux ballons (fin XIXe) qui apportent aussi de nouveaux regards. Judicieusement disséminées, les maquettes du Musée, réputées pour leur précision, comblent les machines disparues.

 

Cette renaissance de la Grande Galerie est le départ d’une conquête du public. L’offre du Musée de l’Air va encore augmenter dans les prochains mois, les prochaines années.

Frédéric Buczko (AAMA)

Remerciement à Pierre Brémard pour les photos.

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