Parcours Passion pour l’Association Amicale des Essais en Vol

Du fait de sa carrière à la DGA et chez Airbus, notre président Jean-Pierre Cornand a gardé de nombreuses relations dans les milieux aéronautiques.

Parmi eux Jean-Noël Stock, vice-président Milieu Air pour le groupe Thales est également vice-président de l’Association Amicale des Essais en Vol (AAEV).

C’est dans ce cadre qu’il a sollicité notre président, afin que l’AAMA se charge de présenter des halls du Musée de l’Air et de l’Espace, lors de leur journée de colloque et de gala en ce 7 mai, pour 80 personnes venant des armées, des industriels et bien sûr des essais en vol.

Leur gala en soirée, précédé d’un cocktail, moment de notre prestation, se déroulant dans le hall de la Cocarde, ce seront uniquement le hall des Prototypes et celui des Concorde, parfaitement liés pour tous ces spécialistes, qui seront proposés à la visite.

Rapidement un planning fut mis en place, nécessitant six accompagnateurs particulièrement choisis pour satisfaire le niveau professionnel élevé des convives. Ce seront donc :

Jacques Beaudeaux (ancien pilote militaire puis pilote de ligne Air France) ; Michel Bertin (ancien de chez Dassault) ; Pierre Gain (ancien de Thales) ; Jean-François Louis (vice-président de l’AAMA, spécialiste Concorde) ; Alain Rolland (ancien commandant de bord Air France) et évidement Jean-Pierre Cornand.


Grand privilège, nos Amis furent invités à suivre les présentations du colloque et à venir partager avec eux un moment convivial lors du cocktail, sans négliger leur mission !

Ce colloque était véritablement passionnant, mais dans ces domaines de pointe, il était interdit de prendre des photos des intervenants ou de divulguer des informations classifiées.

Il sera lancé par Jean-Eric Chevillot, président de l’AAEV et Bruno Ferry, président de l’Association des Anciens de l’EPNER (AAEPNER) qui est associée à cette journée.

Le premier intervenant de Dassault Aviation, parlera des essais du Rafale pour répondre aux besoins de la marine indienne, dont les deux porte-avions ne possèdent pas de catapulte mais un tremplin de 50 m, dont la pente se termine à 14° en bout de « piste », qui ne fait que 200 m de long. Solution initialement conçue pour des MiG 29 et que le Rafale a également su maîtriser.

Quelques vidéos exceptionnelles seront diffusées sur ces essais, en coopération avec les pilotes indiens, qui ont satisfait les autorités du pays.

Pour Airbus Helicopters, son représentant abordera les essais de transmission entre un drone hélicoptère naval et la salle de commande avec visualisation en direct.

Les flux de donnés devenant de plus en plus importants, il peut se créer une latence préjudiciable, surtout en cas de vol d’essaim de drones, il est donc important d’étudier les liaisons de données et leur redondance.

Un britannique du consortium Airbus développera les tests effectués au nord de la Norvège sur des navigations en ambiance brouillée, voire de leurrage, afin de définir les réponses à effectuer. On pense en premier au GPS, opérationnel en 1993 pour l’armée des Etats-Unis et utilisable dès 2000 dans le domaine civil.

La campagne nécessita sept vols pour un total de 40h, avec un A330, qui était équipé des architectures de vol d’A320 et d’A350, ainsi que de nombreux ensembles de fournisseurs dans la navigation. Les enregistrements sont encore en étude, six mois après !

Un pilote d’essais d’ATR montrera que les tests sont toujours primordiaux malgré les progrès de l’informatique.

Des études ont été faites pour développer la version STOL (atterrissage court) d’un ATR 42-600 afin d’élargir le nombre de plateformes desservies (800 m de piste minimum). De nombreuses modifications effectuées n’ont pas engendré de problèmes, mais la gouverne de direction, malgré diverses variantes, aura toujours des battements. Cette version sera abandonnée en 2024.

Depuis quelques années une menace pointe avec ces ballons, souvent chinois, volant à très haute altitude (au-dessus de 20 000 m). Un pilote d’essai de la DGA expliquera les contraintes de ces interceptions, qui dépassent les plafonds des Rafale et des Mirage 2000, et qui nécessite des adaptations physiologiques pour les pilotes de ces missions.

Il y a un an, un essai de tir sur un ballon test français a validé la procédure.

Dernier intervenant, un chef instructeur de l’EPNER (Ecole du Personnel Navigant d’Essais et de Réception), école qui d’ailleurs fête ses 80 ans.

Il soulignera quelle forme non seulement des pilotes mais aussi des ingénieurs, des techniciens, des mécaniciens et même des contrôleurs aériens pour les essais.

Il décrira la stabilité variable, utilisée lors de la formation des pilotes d’essais, notant que l’informatique des commandes numériques a remplacé la méthode du déplacement de réservoirs d’eau dans le fuselage et que dernièrement, pendant quelques semaines, l’EPNER utilisa un Learjet 31 en location pour cette instruction (photo).

En clôture de ce colloque, les dossiers pour le prix de l’Innovation des essais en vol, furent présentés. La délibération finale devant être dévoilée en soirée.


Le temps est passé rapidement à écouter ces professionnels et ce sera à nos accompagnateurs de prendre la suite dans le hall de la Cocarde et de parler de l’histoire des avions qui sont passés dans les mains de leurs précédents confrères.

Alain Rolland

Nous aurions pu penser que lors du cocktail, les invités auraient été plus intéressés de converser entre eux que d’aller écouter un de nos membres, mais ce ne fût pas le cas.

Ils ont répondu plus que favorablement aux appels pour découvrir ou redécouvrir ces machines avec les explications de nos accompagnateurs.

Michel Bertin

Jean-François Louis

Pierre Gain

Jacques Beaudeaux

Entre deux tours, nos Amis ne manquaient pas de discuter avec ces experts et donner une belle image de notre association.

D’ailleurs Jean-François Louis et Alain Rolland retrouveront Jean-Claude Hironde, qu’ils avaient rencontré il y a plus d’un an lors d’une conférence.

Tandis que Michel Bertin retrouvait quelques connaissances de chez Dassault, notre président Jean-Pierre Cornand était ravi de revoir plusieurs personnes avec qui il avait travaillé lors de sa carrière.

Anne-Catherine Robert-Hauglustaine en face de Jean-Eric Chevillot

La directrice du Musée de l’Air, Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, était naturellement présente et ne fut pas surprise de constater que l’AAMA effectuait des visites de halls largement après la fermeture du Musée.

Avant de laisser les convives à leur diner, nos Amis ont eu la possibilité d’assister à la remise des trois Prix de l’Innovation des essais en vol, après une sélection de huit dossiers sur les treize déposés.

Nous pouvons être que satisfaits de notre prestation lors de cet événement, qui a permis à l’AAMA de se faire connaitre et d’être félicité par le président de l’AAEV, Jean-Eric Chevillot. A noter que sur leur site, ils nous ont aimablement cités pour notre apport.   

Frédéric Buczko (AAMA)

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