Alors que pour cause de canicule, les visiteurs se faisaient rares au Musée de l’Air, une légère agitation anima l’aérogare du Bourget le 24 juin, pour l’inauguration de l’exposition Drôles de vols.
Mais avant le moment solennel, programmée en fin d’après-midi, la presse était conviée à sa découverte précédée d’une conférence de presse.
L’AAMA, ayant une revue, un site internet et un passé au service du Musée, était évidemment invitée.
Cette conférence lancée par Yu Zhang, directrice de la communication, apportait de nombreuses informations et dévoilait des nouveautés.
C’est la directrice Anne-Catherine Robert-Hauglustaine qui débute en indiquant les excellents résultats de fréquentation de 2025, avec 400 000 visiteurs d’un public très varié, montrant que le Musée n’est pas réservé aux fanas d’aviation. Il en ressort qu’il est nécessaire de simplifier la tarification, la billetterie, par internet et sur place, pour fluidifier les flux et éviter les files d’attente.
Elle annonce que la salle des maquettes, dont une partie de notre mécénat de 2022 est allouée, sera prochainement accessible au public.
La directrice termine en listant les divers travaux prévus, pour recevoir au mieux le public après l’ouverture de la station de métro devant l’aérogare. Aux dernières nouvelles de la rentrée ce sera à l’automne 2028.
Marie-Laure Griffaton, directrice de la Conservation, se penche sur les matériels de collection réceptionnés ou en passe de l’être, voire réservés pour le futur. Citons pour exemple un Alpha Jet, un Puma, du matériel d’essais d’Ariane V. Elle précise que l’A380 sera visitable en intérieur après le Salon du Bourget, où il sera déplacé à sa place définitive.
C’est la directrice du Département développement des publics Alice Charbonnier qui termine en citant une nouvelle formulation des événements se déroulant au Musée. Dorénavant, il y a un regroupement sous le label Saison culturelle. la première débutera en septembre 2026 pour se terminer en août 2027.
Entre des expositions temporaires, des journées d’étude et des événements habituels, il y aura une vingtaine de rendez-vous, autant pour le public que pour les passionnés.
Ensuite direction la salle d’exposition, où le ton était donné dès devant, pour rejoindre Julie Ulloa et Marion Paupert, les commissaires de l’exposition.
Elles ne sont pas inconnues pour notre association, nous ayant plongé dans la découverte de la collection des éventails du Musée de l’Air lors d’une Visite exclusive en avril.
Elles débuteront, en expliquant que le Musée planche depuis deux ans à l’élaboration de ce moment. C’est en étudiant les collections abondantes provenant de Charles Dollfus, aéronaute dès 1911 et conservateur du Musée de l’Air de 1927 à 1958, qui avait une vision plus large du fait aérien, qu’est née cette idée.
Les deux guides chemineront dans les couloirs de l’exposition et alternativement décriront les nombreux objets, qu’ils soient des caricatures, des estampes, des tableaux, des éventails, des livres, plus curieux des jeux et même des assiettes… mais également des pièces plus sérieuses comme une robe.
L’exposition se partage en plusieurs parties. En premier, chronologiquement parlant, les débuts de l’aérostation à partir de 1783, où déjà les moqueries s’en donnaient en cœur joie. Nous y retrouvons quelques éventails que nous avions découvert en avril.
Un exemple frappant par les robes en crinoline et leurs armatures, qui donnaient aux femmes de haute société une ressemblance aux aérostats.
Les politiques non pas été épargnés, comme le montre plusieurs dessins.
Les débuts de l’aviation, avec ses personnages devenus célèbres dans le monde entier, ont été également passés à la moulinette des dessinateurs.
Les conflits mondiaux ont suscité de féroces caricatures des ennemis ou amplifiant la popularité des alliés.
Dans les années 60, les conflits et l’industrie aéronautique n’ont pas été épargnés et furent tournés en dérision par les journaux très en vogue comme Charlie Hebdo.
Le Musée fermant ses portes, la canicule étant hélas, toujours oppressante, la soirée de l’inauguration pouvait débuter malgré quelques défections bien compréhensibles.
La directrice du Musée, Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, recevra Evence Richard, directeur de la Mémoire, de la Culture et des Archives (DMCA) du ministère des Armées pour cette cérémonie.
Après les discours décrivant les collections dévoilées, les éloges des équipes ayant travaillé sur cette exposition et les remerciements auprès des institutions qui ont prêté maints objets, les invités se sont dirigés vers la salle d’exposition pour découvrir le résultat final.
Une nouvelle fois ce seront Julie Ulloa et Marion Paupert,qui réitéreront la présentation.
Cette exposition temporaire qui offre un regard décalé sur l’histoire aéronautique est plaisante, il faut en profiter jusqu’au 3 janvier 2027.
Frédéric Buczko (AAMA)






















