Le mercredi 8 avril 2026, 18 membres de l’AAMA étaient présents pour visiter l’aérodrome de Toussus-le-Noble, rebaptisé aérodrome Paris-Saclay-Versailles.
Parmi nous notre président Jean-Pierre Cornand, notre ancien président Alain Rolland et dans l’après-midi nous avons été rejoints par notre vice-président et organisateur de cette superbe visite Jean-François Louis.
Nous avons été chaleureusement accueillis par Gérard Finan, président de l’association Aériastory avec laquelle nous avons des cotisations croisées, qui sera pour nous un guide particulièrement avisé tout au long de la journée.
Cette association s’occupe principalement de la valorisation du patrimoine aéronautique sur le plateau de Saclay, qui a compté dans le siècle passé pas moins de huit terrains d’aviation, il n’en reste plus qu’un aujourd’hui, Toussus-le-Noble.
Il est situé à six km au sud-ouest de Versailles et à 20 km de Paris, constitue le quatrième plus grand aérodrome de France d’aviation de loisirs, d’affaires et de formation, couvrant quelques 166 hectares, comprenant plus de 1 000 m2 d’espaces de bureaux. Y sont fixées diverses sociétés et associations qu’il nous est proposé de visiter.
L’histoire de l’aérodrome de Toussus-le-Noble a débuté voici fort longtemps, en 1907 en vérité, utilisé par Robert Esnault-Pelterie puis par les frères Farman, qui y ouvriront une école de pilotage.
Aéroport de Paris a pris en charge l’aérodrome à compter de 1946, y développant en particulier l’aviation d’affaires et de tourisme.
Nous apprenons non sans surprise que Toussus-le-Noble comptabilise plus de 140 000 mouvements aériens par an (décollages et atterrissages) ce qui le place en 4e position nationale derrière Roissy-Charles de Gaulle, Orly, et Nice.
Les activités sont multiples, comme nous allons le découvrir au long de cette passionnante visite. L’immensité de l’aérodrome impliquera dans l’enceinte de celui-ci des déplacements en covoiturage !
Nous débutons par Astonfly. Cette société, créée en 2004 par Charles Clair a pour vocation de former des pilotes de ligne. Saïd Hadid, Directeur général et Alexandre Berland, responsable du recrutement des élèves, vont nous présenter la société, qui ne se contente pas de former des pilotes, mais aussi de les accompagner jusqu’à leur entrée dans leur vie professionnelle, travaillant en particulier avec la compagnie Ryanair (pour 70 %), mais pas uniquement.
Il y a tout d’abord une formation théorique, durant neuf mois, aboutissant à un premier écrémage représentant environ 5 % des candidats. Viendra ensuite la formation pratique, sur une durée de 15 mois. Les élèves pilotes travailleront sur trois simulateurs puis sur plusieurs avions que possède Astonfly. Cette formation a un coût, s’élevant à 120 000 €. Environ 100 élèves sont formés par an. Actuellement, ceux de nationalité française représentent 85 % des effectifs.
L’école se situe à Toussus, mais dispose aussi d’une base de formation dans le sud, au Castelet, de même qu’ils essaient de se développer à l’international, notamment sur l’Angleterre, l’Italie et la Pologne.
Après quoi nous verrons le hangar où sont parqués plusieurs avions monomoteurs, principalement des Cessna 172S.
Astonfly est sensible à la réduction du bruit (en développant des silencieux) et à la protection de la biodiversité, particulièrement présente sur les terrains d’aviation.
La visite se poursuit par les locaux de l’Aéroclub Air France, notamment son confortable club-house. Nous sommes reçus par David Auroy, président de cette association, lui-même jeune commandant de bord pour Transavia, volant sur Boeing 737, et s’apprêtant à retrouver bientôt l’Airbus A320, avion de ses débuts à Air France.
L’Aéroclub Air France a vu le jour en 1947 à Melun-Villaroche, à l’initiative du comité central d’entreprise de la compagnie nationale, et va donc fêter ses 80 ans l’an prochain. Il a déménagé de Melun à Toussus en 1952. Il compte quatre bases en France, la principale étant Toussus, et possède également des annexes à Toulouse, Lognes et au Plessis-Belleville.
Avant sa privatisation dans les années 1990, la compagnie a très longtemps soutenu financièrement l’aéroclub. Les dernières subventions ont été supprimées lors de la crise financière en 2010. A présent, celui-ci fonctionne sur ses fonds propres, en particulier le paiement des heures de vol effectuées sur les appareils qu’il possède.
Sur les quelques 600 membres que compte le club, on dénombre actuellement 180 élèves se formant dans le but d’obtenir un brevet de pilote privé, ce qui représente 1/3 de la formation des pilotes en France.
Nous traversons ensuite le hangar où sont parqués plusieurs avions, dont certains comportent une magnifique livrée aux couleurs d’Air France. Les utilisateurs de ces avions peuvent être naturellement des pilotes de la compagnie ou non.
L’aéroclub dispose d’une flotte de 18 avions composée d’Aero AT-3 polonais, de deux Bristell B23 tchèques à 300 000 € pièce et de Cessna 152 et 172.
Les AT-3 et les B23 sont équipés de moteurs autrichiens Rotax. Fonctionnant au carburant sans plomb et munis de silencieux, ces derniers ne consomment qu’entre 13 et 15 litres aux 100 km.
Furent également utilisés entre autres des Saab Safir, dont le dernier exemplaire, restauré aux couleurs de l’armée de l’air suédoise par un passionné Jacques Felon, a quitté Toussus voici quelques mois pour regagner son pays d’origine, la Suède.
On ne peut quitter ce lieu sans admirer le simulateur Alsim 250, qui a coûté 200 000 € mais qui permet de réduire le cout de l’heure d’un vol, hyper réaliste, de 150 à 100 €.
Nous continuons par la visite d’Air Services. Comme son nom le laisse supposer, cette société s’occupe principalement de la maintenance d’avions légers. Nettoyage, peinture, réparations diverses, mais également la location et la vente d’aéronefs ainsi que le convoyage.
Nous gagnons rapidement l’immense hangar dans lequel sont stationnés de très nombreux appareils serrés les uns contre les autres. Plusieurs autres occupent également le tarmac, dont un Cirrus SR22 et un magnifique Pilatus PC-12.
Nous allons ensuite nous retrouver sur la vaste terrasse dominée par la tour de contrôle. De là, nous pouvons bénéficier d’une magnifique vue d’ensemble de l’aéroport, et mieux mesurer son étendue. Accueil par Sylvain Yassa, chef de la circulation aérienne, descendu de la tour sur la terrasse afin de nous en expliquer le fonctionnement.
Nous nous trouvons suffisamment haut pour voir les avions atterrir alors que d’autres patientent en file indienne sur le taxiway, avant de prendre leur envol. Sylvain Yassa nous dit Je n’autorise pas le premier à décoller car un appareil se présente pour se poser sur la même piste.
Cela est une évidence, mais seul son œil averti a repéré au loin les trois appareils se dirigeant vers la piste de décollage, alors que les visiteurs n’en voyaient que deux !
La piste construite juste après la Seconde Guerre mondiale et qui se situe sous nos yeux est en complète réfection. Tout le trafic se déroule donc sur la piste parallèle tandis que les hélicoptères disposent de leur aire dédiée.
Sylvain Yassa tient dans ses mains une série de strips datant d’une journée précédente. Ce sont des bandelettes cartonnées munies de cartouches recevant des informations codifiées (type d’avion, provenance, destination, horaires…) qui vont permettre au contrôleur d’assurer son rôle de sécurisation des mouvements.
Il y a aussi des strips mécanisés et tout en longueur émis dès la connaissance des plans de vols. Ce ne sont pas leurs pré-impressions qui empêcheront les compléments manuscrits bien sûr !
On en trouve encore, plus courts et bien plus nombreux où tout est manuscrit et dont la couleur du support possède aussi une signification.
Afin d’éviter la confusion dans toutes ces lettres, notamment le F et le S, l’alphabet aéronautique vient oralement jouer son incontournable rôle d’arbitre. Sylvain Yassa précise que 10% seulement des vols sont IFR et nous parle aussi des conséquences de la position géographique de l’aéroport, situé plus à l’ouest d’Orly.
Aujourd’hui, le flux est d’est mais s’il devait se modifier au gré de la météo, il faudrait donc prévenir Orly et s’accorder avec Roissy pour changer ou non le sens des décollages et des atterrissages.
Après cette matinée bien remplie, nous allons nous attabler au restaurant Le Bouchon, situé en contrebas de la tour de contrôle. Nous y ferons un excellent déjeuner, en terrasse, sous le soleil, et dans une grande convivialité entre membres de l’AAMA.
Puis, dans une tout autre partie de l’aérodrome, accueillis par Bruno Muthelet, nous visiterons Mont Blanc Hélicoptères. Société qui constitue la composante française du groupe HBG Hélicoptères. Il s’agit d’une des plus grosses structures européennes d’hélicoptères qui possède un statut de compagnie aérienne. L’entreprise emploie environ 250 salariés dont une centaine de pilotes, volant sur 60 appareils répartis dans une trentaine de bases sur toute la France.
Le groupe comporte quatre principales activités : le transport de personnes, le transport médical, le travail aérien et enfin la formation de pilotes. 70 % de l’activité se concentre sur le secours médical en liaison avec le SAMU, mais aussi dans la lutte contre les incendies, particulièrement en période estivale.
Les hélicoptères viennent en soutien des Canadair de la Protection civile. Il convient aussi de mentionner les prises de vue aériennes et l’activité offshore pour le gaz et le pétrole, sans compter d’autres missions commerciales et techniques.
Nous passons ensuite dans le hangar puis sur le tarmac, où sont exposés une Alouette II, toujours en état de vol mais plus opérationnelle, ainsi qu’un petit Guimbal Cabri 2, hélicoptère servant à la formation.
Plus loin nous pouvons admirer un superbe Agusta-Westland AW139 à la silhouette bien plus imposante !
Dernière visite du jour, l’AFMAE, Association pour la Formation des Métiers de l’Aérien où nous sommes très aimablement reçus par Marie-Agnès Amabile.
Elle fut fondée en 1996 sous l’égide d’Air France, d’ADP, de la FNAM et du GIFAS. Cette société se répartit entre deux sites, le premier à Toussus sur 4 000 m2, et le second à Bonneuil-en-France sur 8 000 m2.
Une cinquantaine de salariés travaillent ici, dont les formateurs. L’AFMAE forme entre 1 000 et 1 500 personnes par an sur 18 formations différentes, principalement comme mécaniciens aéronautiques. Quatre principaux métiers font l’objet de formations chez AFMAE : mécaniciens, techniciens, chefs d’escales, hôtesses de l’air et stewards.
L’entreprise tente le plus possible de sauvegarder la souveraineté aéronautique française. La liaison est constante et très importante avec l’Education nationale. Tout cela en liaison permanente avec les compagnies aériennes qui fixent leurs exigences en termes de maintenance. Il y a en France une pénurie de mécaniciens que l’AFMAE tente de combler. L’association a également créé un aéroclub pour ses membres.
Nous traversons ensuite le hangar dans lequel se trouvent entre autres deux Mystère 20, dont l’un est estampillé René Perret, et sur lesquels travaillent les élèves mécaniciens : démontage, remontage de réacteurs, travaux divers de maintenance.
Nous pourrons même y accéder montrant l’activité des étudiants dans ces opérations.
Nous trouvons aussi d’autres machines dont un Pipistrel Velis Electro marquant le passage aux moteurs électriques, nouvelle technologie qu’il faut dorénavant apprendre à maîtriser.
Egalement un vénérable Piper PA-28 Cherokee et un ULM particulier, un IVP Savannah.
Il fut acquit en kit pour être assemblé, dans un projet pédagogique, sur six années par les différentes promotions d’étudiants. Il fit son premier vol en octobre dernier.
Il y a également des moteurs sur lesquels les élèves se forment, dont un imposant réacteur de Boeing 747.
Nous terminerons cette magnifique journée sous un grand soleil, par une photo de groupe devant la reproduction métallique d’un antique biplan Farman 1910, premier avion acquit par la Marine et portant l’ancre, trônant à l’entrée de l’aérodrome.
Ce projet, porté et réalisé par Aériastory avec Gérard Finan en pointe, fut inauguré en 2021.
Nous adressons de nouveau tous nos remerciements à Gérard Finan pour son accueil, ses connaissances de Toussus-le-Noble qu’il nous a fait partager et l’organisation de l’ensemble des visites.
Eric Le Faucheur et Eric Domage (AAMA)
Remerciement à nos membres Miguel Couturier, Jean-François Louis et Gérard Finan (Aériastory) pour les photos.















































