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Arrivée de l’Airbus A380 au Musée de l’Air le 14 février 2017

Dans la longue vie du Musée de l’Air, bientôt centenaire, de nombreux évènements marquants se sont déroulés.

Cette journée des amoureux, ce 14 février, est à jamais l’un de ces moments forts. Le Musée de l’Air recevait un merveilleux cadeau de la part d’Airbus.

Un A380… rien de moins que ça !

C’était un manque flagrant, au Bourget il n’y avait pas d’appareil du consortium européen, alors que son concurrent Boeing est représenté par trois avions (707, 727 et 747). Réparation est faite.

Depuis longtemps le Musée de l’Air voulait exposer un Airbus. Les choses sérieuses  débutèrent véritablement en 2012 et ce n’était pas un A300 ou A310 trop rares, un  A320 malgré sa grande importance, un A330 ou A340, mais le plus emblématique : l’A380, ce monstre des airs reconnu par tous les publics, même le plus néophyte. Parfait pour attirer les visiteurs.

Notre association se devait à une réserve bien naturelle et nos adhérents n’ont été avertis qu’en début février par notre lettre d’information qui leur est réservée.

 

La signature officielle marquant le passage de l’A380 d’Airbus au Musée de l’Air

 

Le mardi 14 février, le temps officiel démarra à Toulouse avec la signature de transfert de l’avion entre Catherine Maunoury, directrice du Musée de l’Air, et Patrick du Ché, directeur des essais en vol Airbus.

C’est l’A380 MSN4 qui a été choisi pour rejoindre le tarmac du Bourget. Gentiment surnommé « La 4L à Dédé », de part son immatriculation F-WWDD, il a été motorisé par des Trent 900 Rolls-Royce (dont un exemplaire est exposé dans le hall Concorde du Musée) puis des GP 7200 de Engine Alliance. Il a réalisé des essais hautes altitudes en Colombie, au niveau de la mer à Pointe-à-Pitre, par grand froid au Canada et sous de grandes chaleurs aux Emirats Arabes Unis. Il a également testé du biocarburant. Il a été vu sur nombre de salons aéronautiques de part le monde et a servi à la qualification d’équipages des compagnies. Il a effectué depuis son premier vol en 2005 plus de 3600 heures de vol pour des essais.

 

Pour ce vol, 50 privilégiés étaient conviés à prendre place. Evidemment Catherine Maunoury et Patrick du Ché, mais aussi des journalistes, cela va de soit, du personnel d’Airbus et du Musée de l’Air ; le général Gérard Vitry (directeur adjoint), Christian Tilatti (conservateur en chef) et plusieurs collaborateurs.

Nous, l’Association des Amis du Musée de l’Air, pouvons nous enorgueillir car notre président François Chouleur était du voyage. Il raconte cette journée qui le marquera à jamais.

 

« Une journée mémorable.

En ce 14 février 2017, rendez-vous au Musée de l’Air à 8h00 pour aller en taxi à CDG2F. Enregistrement à 9h15 pour Toulouse sur le plus grand des petits Airbus, un A321… plein comme un œuf.

A bord, 9 personnes du Musée, la directrice Catherine Maunoury, Cécilia Angot son assistante, le général Gérard Vitry directeur adjoint, Cyrille Melin secrétaire général du Musée, Laurence Bastien secrétaire générale adjointe, Christian TILATTI directeur de la conservation et trois personnes du Musée tirées au hasard, deux de Dugny et un du Bourget, enfin Eric Fleury directeur adjoint de la DMPA, plus ma pomme.

Décollage vers 10h20 et arrivée à Blagnac à 11h20.

Nous avons été pris en charge en autocar pour être conduit à l’usine Airbus de Colomiers.

A l’accueil remise d’un badge à chacun comme « guest-star » et en route pour « l’aérogare » de départ réservé aux VIP, acheteurs etc… Sur les photos vous pouvez voir d’une part l’affichage du vol AIR4DD Le Bourget et d’autre part mon billet et la carte d’embarquement. Tout est fait dans les règles.

Nous nous installons dans le hall pour voir un court film à la gloire de l’A380 puis discours du responsable d’Airbus Héritage Jean Rocca et de Catherine Maunoury. Et enfin la signature de la convention de transfert entre Catherine Maunoury et le directeur des essais en vol Patrick du Ché.

Ensuite visite d’une vingtaine de minutes du hall d’assemblage de l’A330 et vue sur l’A330neo.

Retour à « l’aérogare », le temps d’un petit casse-croute, embarquement à 13h30.

Je m’installe au rez-de chaussée en place droite, ce qui explique la photo à l’arrivée sur la Défense. 14 places disponibles en « bas » et « en haut » une quarantaine. Au total nous étions 50 heureux élus. A côté de moi, un Airbus-man un peu ému car il a volé des dizaines d’heures sur le MSN4 et fait au moins trois tours du monde lors des essais temps chaud, haute altitude etc…

14h15 décollage de « Gros Dédé », au poids de 285 tonnes au lieu de 580 tonnes, avec comme commandant de bord Hugues Van der Stichel. Un beau décollage nous plaquant contre notre siège et un rétablissement nous décollant du siège. Vive la ceinture !!! …et un virage serré ce qui m’a permis de faire quelques photos de l’usine. Puis un 2ème passage avec battement des « plumes » en guise d’adieu à Toulouse.

Un vol sans histoire avec la possibilité de se balader partout, de voir le poste de pilotage et le poste de contrôle au rez-de-chaussée. Mon dieu que c’est grand !!! Et que de câbles. Joli travail pour ne pas se tromper dans les branchements. Sur la version de série il y a 250 km de câbles et 3,5 millions de pièces. Mieux que le « Meccano » de notre jeunesse.

Belle approche sur Paris par le sud-ouest un peu gâchée par des nuages de-ci de-là.

Ce fut une journée mémorable et unique : ce n’est pas tous les jours que l’on participe au vol d’un avion partant à la retraite… surtout un avion d’essai.

De tout cela il me reste des impressions uniques et une maquette au 1/400 donnée par Airbus.

Voilà, voilà.

Il faudra bien attendre 16 à 18 mois pour que « Gros Dédé » soit ouvert au public.

Sauf changement, il devrait en juillet/août prochain trouver sa place devant la tour de contrôle.

A plus pour de nouvelles aventures. »

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Lors du voyage les passagers ont pu  découvrir l’immensité de la bête avec ses appareillages d’essai et ces parties vides augmentant la notion de volume, discuter avec quelques ingénieurs d’essai et même saluer l’équipage composé du commandant de bord Hugues Van der Stichel et du copilote Jean-Louis Rabilloud.

Au bout d’un temps trop court pour les passagers, le survol de la région parisienne annonçait l’arrivée prochaine à la destination finale, les pistes du plus mythique des aéroports français, Le Bourget, et rejoindre ainsi le plus ancien des musées aéronautiques : notre Musée de l’Air.

 

La terrasse JETEX avec les journalistes

 

 

L’avion était attendu. Sur le toit du bâtiment de l’aviation d’affaire, la presse filmait et photographiait à tout va. Les pompiers aussi étaient en position d’attente, non pour palier un éventuel problème, mais pour fêter cette arrivée par un arrosage, qui est traditionnel dans ces circonstances. Ce salut n’était pas trop visible depuis l’espace public du Musée, mais l’envergure de l’Airbus et les positions latérales des camions rouges empêchaient tout autre endroit.

 

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Quelques minutes plus tard les moteurs étaient coupés et une passerelle amenée à la porte. Catherine Maunory fut la première à descendre pour accueillir symboliquement les invités sur ses terres et se plier à une photo de famille.

Catherine Maunoury saluant le public depuis le cockpit

Les passagers sortent de l’avion

Notre président François Chouleur à sa descente de l’avion

Le rassemblement des passagers

Après quelques dernières prises de vue afin de garder de bons souvenirs, les passagers rejoignirent le restaurant l’Hélice du Musée où se déroula une cérémonie pour l’arrivée de l’A380.

 

Catherine Maunoury

Tour à tour, Catherine Maunoury et Patrick du Ché s’exprimèrent. Dans ses paroles la directrice pris comme référence le Farman Goliath du Musée, dénommé Aérobus en 1919… un ancêtre.

L’appareil restera à sa place jusqu’en avril, des opérations de vidage des fluides se feront. Dès le soir le kérosène était déjà récupéré. Ensuite il partira côté Dugny, pour laisser la place au salon du Bourget, et subira un chantier pour l’aménager. Dépose des moteurs, qui ont encore du potentiel, des systèmes d’essais encore utiles, puis installation d’une scénographie sur la saga Airbus en général et l’A380 en particulier, en plus il restera assez de place pour évoquer le monde des essais.

Tout ça en respectant les normes de sécurité d’accueil du public extrêmement contraignantes. Ce monument de musée devrait revenir devant la tour de contrôle fraîchement rénovée au cours de l’année 2018.

 

Catherine Loubet et Pierre Brémard à l’intérieur de l’A380

 

Pour terminer, les invités du Bourget avaient la possibilité de visiter l’avion. Parmi eux deux de nos membres : Catherine Loubet, artiste-peintre et animatrice radio qui invite souvent des adhérents de l’AAMA à son micro et Pierre Brémard, pilote Air France à la retraite et coordinateur des guides et bénévoles AAMA. Ils se sont régalés et ce sera certainement le cas pour les futurs visiteurs du Musée de l’Air.

 

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Certains pourraient être inquiets de voir au fil des années se dégrader ce nouvel arrivant.

Mais dans ce cas, Airbus prend en charge la transformation et participera  avec le Musée à son entretien.

Cet emblème aéronautique sera certainement un attrait important pour faire venir encore plus de curieux au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Notre association ne peut que s’en réjouir.

 

Frédéric Buczko, Pierre Brémard, Pierre Gain, Jacques Julien, Eric Naud, Alain Rolland, François Vergne (AAMA)

Et notre président François Chouleur pour le récit et les photos de son vol.

Retour vers les actualités de l’AAMA et du Musée.

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